NOFX – 40 Years of Fuckin’ Up : chaos, cash et punk rock — la critique sans filtre

Affiche du documentaire NOFX - 40 Years of Fuckin' Up

Il y a des groupes qui t’accompagnent. Et il y a des groupes qui te définissent. NOFX fait partie de la deuxième catégorie pour une bonne partie de ma génération. Alors quand Fat Mike a eu l’idée de nous réunir une dernière fois, non plus dans une salle de concert mais dans un cinéma, il était évidemment hors de question que je rate ça. La tournée d’adieu, Punk in Drublic Festival, s’est terminée le 6 octobre 2024 à San Pedro. Le documentaire « NOFX – 40 Years of Fuckin’ Up », lui, vient de sortir dans des salles indépendantes à travers le monde. Et franchement? C’est exactement comme ça que NOFX aurait dû finir.

Plongée dans 40 ans de scène Punk Rock

Construit sous forme de chapitres, le documentaire nous fais voyager dans les images d’archives du groupes avec des aller-retours entre les époques. Des images inédites de leurs 40 ans de carrière sont présentées jusqu’à leur dernier show en octobre 2024, où ils sont accompagnés sur scène par de très nombreux artistes de la scène punk rock, témoins de quatre décennies d’amitié et d’influence.

On retrouve Fat Mike, Smelly, Melvin et El Hefe, ainsi que les membres qui ont pu passer quelques temps dans le groupe, sur des photos et vidéos de jeunesse. Surprenant de voir d’ailleurs l’évolution de chacun au fil du temps. Tout au long du documentaire, on voit aussi les nouveau projets des membres du groupe: Smelly dans la confection de planche de Snowboard et surf, El Hefe dans le sport et sa reconversion au cinéma, Melvin qui trouve la paix, à défaut de ses souvenirs dans le yoga et avec sa famille. De quoi terminer l’aventure NOFX sur une note presque douce.

Fat Mike focus

Si tous les membres du groupe sont présentés comme producteurs du documentaire, le focus est clairement centré sur Fat Mike. Ses addictions, ses démons, ses hobbies… variés, dirons-nous. Ce que j’ai apprécié, c’est que ce documentaire est loin d’être un film « à la gloire de ». Sauf peut-être à la gloire des addictions de Fat Mike.

Il montre sans filtre les bons comme les mauvais moments du groupe. Les tensions entre Melvin et Fat Mike ne sont pas occultées. Les membres parlent sans fard des moments difficiles traversés. Et c’est là que le doc gagne en profondeur : voir Smelly, le drummer, raconter son combat contre l’héroïne et le voir aujourd’hui apaisé, sobre, fais plaisir. Tout le contraire de l’approche de Fat Mike quant à la drogue. Sa relation à la drogue amène à cette scène, trash, où on le voit dans un piteux état. Je vous spoile pas et vous laisse le plaisir de découvrir cela.

Mais cette scène était presque attendu tant la consommation de Fat Mike, une bouteille de vodka et 2 à 4 rail de coke par jours, est extrême. Le diagnostic d’un diabète sévère à l’occasion de cette crise l’a obligé à revoir son regard sur la drogue. Pas sûr qu’il soit totalement convaincu pour autant.

Pour l’occasion, de nouvelles chansons enregistrées pour illustrer le documentaire, dans le plus pur style NOFXien, sont à découvrir. Si elles n’ont pas de titre défini pour le moment, il est à parier que nous les découvrirons sur un nouvel EP inédit du groupe. Dans l’immédiat, c’est une exclusivité réservée aux salles : pas de Spotify, pas de streaming. Une raison de plus de se déplacer. Les guest invités à partager leur souvenir avec NOFX ajoutent, par ailleurs, vraiment de la profondeur au récit. J’ai d’ailleurs une pensée pour Matt Shadows, le chanteur d’Avenged Sevenfold, et l’état de sa maison lors de l’anecdotes relative à la scène trash citée plus haut.

Business is business… même chez les punks

Bref, comme promis on rit, on est ému et on passe un bon moment entre fans. Cependant on sent l’aspect business derrière ce documentaire. Fat Mike à toujours été un businessman tout en étant l’archétype du punk dans sa vie. NOFX n’a jamais voulu signer chez une major, fidèle à leur esprit de DIY punk. C’est ce qui à sans doute limité leur diffusion, mais qui a permis au groupe de rester libre, tant artistiquement que financièrement. Fat Wreck Chords, leur label, a d’ailleurs offert cette même liberté à des dizaines d’autres groupes de la scène indépendante. Le bémol, c’est la recherche constante du cash. Fat Mike ne s’en cachait d’ailleurs pas, leur Final Tour était pour eux le moyen de mettre les membres du groupe à l’abris financièrement pour prendre leur retraite. Honnêteté totale, certes.

Mais j’avoue avoir parfois eu le sentiment que les fans étaient considérés comme des vaches à lait. On est loin de l’esprit punk. Au moins ils ne s’en cachent pas, me dira-t-on. C’est vrai! Et c’est sans doute cela qui les rends si punk.

Affiche - NOFX - The final Tour

Un bon moment pour tout fans du groupe

On sort de là avec le sentiment d’avoir partager l’intimité du groupe. Souvent au sens littéral. Il ressort de ce documentaire la sensation de chaos qu’à été la vie du groupe, cette liberté et cette originalité qui ont fait NOFX. Le public de fans apprécie. À la fin de la séances, des applaudissements se sont d’ailleurs fait entendre dans la salle. Mais connaissant Fat Mike et son incapacité chronique à rester en place, je serais peu étonné d’avoir de ses nouvelles d’ici quelques temps.

Pour trouver les prochaines diffusion dans un cinéma indépendant proche de chez toi, rendez-vous ici: liste des diffusions. Il est même possible de demander une diffusion dans ta ville directement ici. Condition obligatoire : que ce soit dans un cinéma indépendant. Et s’il propose de la bière au comptoir, c’est encore mieux. Donc si cce n’Est pas encore fait, foncez voir ce documentaire « NOFX – 40 Years of Fuckin’ Up ».

Malgré leur retraite, la scène punk est encore bien active, notamment au Québec où la tournée 123Punk bat son plein en ce moment.

Fiche technique

  • Genre : Documentaire Punk
  • Date de sortie : Avril 2026
  • Label : Fat Wreck Records (musique)
  • Site web : Cliquer ici
  • Note : ⭐️⭐️⭐️⭐️☆ / 5 – Un documentaire solide et sans concession, qui perd un point pour son focus parfois trop écrasant sur Fat Mike au détriment des trois autres membres, et pour cet arrière-goût de machine à cash qu’on ne peut pas tout à fait ignorer.